Christophe Hohler
Ombres portées
Lieux : Andlau, chapelle St André.
Plaques de fer, épaisseur 20mm, 160 x 80, poteau en fer galvanisé thermo laqué rouge, 16 poteaux d'acacia, fil électrique
présentation du projet :
Christophe Hohler a installé des silhouettes d'homme en marche qui se détachent sur l'herbe du talus et le mur ocre rose de la chapelle Saint André d'Andlau située près du cimetière, à l'extérieur de la bourgade. Découpées par oxycoupage, elles sont deux images d'un même geste du sculpteur qui a détouré une silhouette en séparant une plaque rectangulaire en deux zones. La figure positive s'avance par rapport à la figure négative placée en arrière d'elle, comme une image sur une ombre portée. Ombre qui devient lumineuse par l'aura de la plaque qui encadre le détourage de la figure. Au mitan de deux pièces, un poteau rouge sang évoque le fluide, fluide vital, comme un fil fragile et puissant, fil de la vie qui traverse les deux figures. Fil qui traverse réellement les deux silhouettes après avoir suivi le chemin sinueux des poteaux. L'espace entre la première sculpture et la seconde représente la vie physique, la vie faite de chair. La vie physique s'interrompt à la sculpture négative, ce vide dont les formes du corps restent présentes : la mémoire de la chair. Ce parcours rythmé par les poteaux reliés par un fil contient un temps fort symbolisé par le poteau rouge qui évoque les moments culminants d'une vie. Ce fil de la mémoire longe l'église pour continuer son chemin vers le mur du cimetière. De la chapelle au cimetière, de la silhouette positive à la silhouette négative, de la lumière à l'obscurité, comme une métaphore de la vie et de la mort, rappel de la roue de la fortune du XVe siècle, représentation qui symbolisait le passage de la naissance, de la jeunesse, de la sénescence à la mort. D'une silhouette à son ombre portée, ombre soulignée par l'encadrement de la porte, porte qui se détache du mur du cimetière en s'ouvrant sur la colline...
La mort est terrible.
Un visage qui puisse regarder en face le soleil,
Jamais il n'y en eut.
Celui qui dort et celui qui est mort sont tout pareils l'un à l'autre.
Car de la mort ne représentent-ils pas l'image ?
Épopée de Gilgamesh, 10e tablette, colonne VI, ancienne Babylonie, XVIIIe-XVIIe siècle av. J.-C.
A proximité : exposition-parcours "L'Homme qui marche" du 23 août au 21 septembre 2008 à Andlau (crypte de l'abbatiale, chapelle St André, mairie et 1 rue de la chaîne...). Se renseigner: 03.88.08.13.22.
GEWORFENE SCHATTEN
Ort: Andlau, Sankt-Andreas-Kapelle.
Eisenplatten, Stärke 20mm, 160 x 80, Pfeiler aus galvanisiertem Eisen, thermolackiert rot, 16 Akazienpfeiler, Stromkabel
Christophe Hohler hat menschliche Silhouetten in Bewegung geschaffen. Sie heben sich vom Hintergrund des mit Gras bewachsenen Hügels und der Mauer der Sankt-Andreas-Kapelle in Andlau, nahe dem Friedhof, ab. Die positive Figur geht der negativen, hinter sie gestellten Figur voraus, wie ein Gegenstand und sein geworfener Schatten. Dieser Schatten wird vom Schein der Platte erleuchtet, die den Umriss der Figur rahmt. In der Mitte jeweils zweier Figuren symbolisiert eine blutrote Säule den «Lebenssaft», ein starkes und doch empfindliches Band, das Band des Lebens, das beide Figuren durchdringt. Tatsächlich durchzieht ein Band die beiden Silhouetten, nachdem es dem kurvenreichen Weg der Pfeiler gefolgt ist. Dieses Band der Erinnerung schlängelt sich an der Kirche entlang und führt schließlich zum Friedhof. Von der Kapelle zum Friedhof, von der positiven zur negativen Silhouette, vom Licht zum Schatten, wie eine Metapher über das Leben und den Tod.
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